Bel Ami

Suzanne aussi songeait ; et le grelot des quatre

chevaux sonnait dans sa tête, lui faisait voir des
grandes routes infinies sous des clairs de lune
éternels, des forêts sombres traversées, des
auberges au bord du chemin, et la hâte des
hommes d’écurie à changer l’attelage, car tout le
monde devine qu’ils sont poursuivis.
Quand le landau fut arrivé dans la cour de
l’hôtel, on voulut retenir Georges à dîner. Il
refusa et revint chez lui.
Après avoir un peu mangé, il mit de l’ordre
dans ses papiers comme s’il allait faire un grand
voyage. Il brûla des lettres compromettantes, en
cacha d’autres, écrivit à quelques amis.
De temps en temps il regardait la pendule, en
pensant : « Ça doit chauffer là-bas. » Et une
inquiétude le mordait au cœur. S’il allait
échouer ? Mais que pouvait-il craindre ? Il se
tirerait toujours d’affaire ! Pourtant c’était une
grosse partie qu’il jouait, ce soir-là !
Il ressortit vers onze heures, erra quelque
temps, prit un fiacre et se fit arrêter place de la
Concorde, le long des arcades du ministère de la

Marine.
De temps en temps il enflammait une
allumette pour regarder l’heure à sa montre.
Quand il vit approcher minuit, son impatience
devint fiévreuse. À tout moment il passait la tête
à la portière pour regarder.
Une horloge lointaine sonna douze coups, puis
une autre plus près, puis deux ensemble, puis une
dernière très loin. Quand celle-là eut cessé de
tinter, il pensa : « C’est fini. C’est raté. Elle ne
viendra pas. »
Il était cependant résolu à demeurer jusqu’au
jour. Dans ces cas-là il faut être patient.
Il entendit encore sonner le quart, puis la
demie, puis les trois quarts ; et toutes les horloges
répétèrent une heure comme elles avaient
annoncé minuit.
Il n’attendait plus, il restait, creusant sa pensée
pour deviner ce qui avait pu arriver. Tout à coup
une tête de femme passa par la portière et
demanda :
– Êtes-vous là, Bel-Ami ?

 Il eut un sursaut et une suffocation.
– C’est vous, Suzanne ?
– Oui, c’est moi.
Il ne parvenait point à tourner la poignée assez

vite, et répétait :
– Ah !… c’est vous… c’est vous… entrez.
Elle entra et se laissa tomber contre lui. Il cria
au cocher : « Allez ! » Et le fiacre se mit en route.
Elle haletait, sans parler.
Il demanda :
– Eh bien ! comment ça s’est-il passé ?
Alors elle murmura, presque défaillante :
– Oh ! ç’a a été terrible, chez maman surtout.
Il était inquiet et frémissant.
– Votre maman ? Qu’est-ce qu’elle a dit ?
Contez-moi ça.
– Oh ! ça a été affreux. Je suis entrée chez elle
et je lui ai récité ma petite affaire que j’avais bien
préparée. Alors elle a pâli, puis elle a crié :
« Jamais ! jamais ! » Moi, j’ai pleuré, je me suis

fâchée, j’ai juré que je n’épouserais que vous. J’ai
cru qu’elle allait me battre. Elle est devenue
comme folle ; elle a déclaré qu’on me renverrait
au couvent, dès le lendemain. Je ne l’avais jamais
vue comme ça, jamais ! Alors papa est arrivé en
l’entendant débiter toutes ses sottises. Il ne s’est
pas fâché tant qu’elle, mais il a déclaré que vous
n’étiez pas un assez beau parti.
« Comme ils m’avaient mise en colère aussi,
j’ai crié plus fort qu’eux. Et papa m’a dit de sortir
avec un air dramatique qui ne lui allait pas du
tout. C’est ce qui m’a décidée à me sauver avec
vous. Me voilà, où allons-nous ? »
Il avait enlacé sa taille doucement ; et il
écoutait de toutes ses oreilles, le cœur battant,
une rancune haineuse s’éveillant en lui contre ces
gens. Mais il la tenait, leur fille. Ils verraient, à
présent.
Il répondit :
– Il est trop tard pour prendre le train ; cette
voiture-là va donc nous conduire à Sèvres où
nous passerons la nuit. Et demain nous partirons
pour La Roche-Guyon. C’est un joli village, au

bord de la Seine, entre Mantes et Bonnières.
Elle murmura :
– C’est que je n’ai pas d’effets. Je n’ai rien.
Il sourit, avec insouciance :
– Bah ! nous nous arrangerons là-bas.
Le fiacre roulait le long des rues. Georges prit
une main de la jeune fille et se mit à la baiser,
lentement, avec respect. Il ne savait que lui
raconter, n’étant guère accoutumé aux tendresses
platoniques. Mais soudain il crut s’apercevoir
qu’elle pleurait.
Il demanda, avec terreur :
– Qu’est-ce que vous avez, ma chère petite ?
Elle répondit, d’une voix toute mouillée :
– C’est ma pauvre maman qui ne doit pas
dormir à cette heure, si elle s’est aperçue de mon
départ.

Sa mère, en effet, ne dormait pas.
Aussitôt Suzanne sortie de sa chambre,

Mme Walter était restée en face de son mari.
Elle demanda, éperdue, atterrée :
– Mon Dieu ! Qu’est-ce que cela veut dire ?
Walter cria, furieux :
– Ça veut dire que cet intrigant l’a enjôlée.
C’est lui qui a fait refuser Cazolles. Il trouve la
dot bonne, parbleu !
Il se mit à marcher avec rage à travers
l’appartement et reprit :
– Tu l’attirais sans cesse, aussi, toi, tu le
flattais, tu le cajolais, tu n’avais pas assez de
chatteries pour lui. C’était Bel-Ami par-ci, Bel-
Ami par-là, du matin au soir. Te voilà payée.
Elle murmura, livide :
– Moi ?… je l’attirais !
Il lui vociféra dans le nez :
– Oui, toi ! Vous êtes toutes folles de lui, la
Marelle, Suzanne et les autres. Crois-tu que je ne
voyais pas que tu ne pouvais point rester deux
jours sans le faire venir ici ?
Elle se dressa, tragique :

 – Je ne vous permettrai pas de me parler ainsi.

Vous oubliez que je n’ai pas été élevée, comme
vous, dans une boutique.
Il demeura d’abord immobile et stupéfait, puis
il lâcha un « Nom de Dieu » furibond, et il sortit
en tapant la porte.
Dès qu’elle fut seule, elle alla, par instinct,
vers la glace pour se regarder, comme pour voir
si rien n’était changé en elle, tant ce qui arrivait
lui paraissait impossible, monstrueux. Suzanne
était amoureuse de Bel-Ami ! et Bel-Ami voulait
épouser Suzanne ! Non ! elle s’était trompée, ce
n’était pas vrai. La fillette avait eu une toquade
bien naturelle pour ce beau garçon, elle avait
espéré qu’on le lui donnerait pour mari ; elle
avait fait son petit coup de tête ! Mais lui ? lui ne
pouvait pas être complice de ça ! Elle
réfléchissait, troublée comme on l’est devant les
grandes catastrophes. Non, Bel-Ami ne devait
rien savoir de l’escapade de Suzanne.
Et elle songea longtemps à la perfidie et à
l’innocence possibles de cet homme. Quel
misérable, s’il avait préparé le coup ! Et

qu’arriverait-il ? Que de dangers et de tourments
elle prévoyait !
S’il ne savait rien, tout pouvait s’arranger
encore. On ferait un voyage avec Suzanne
pendant six mois, et ce serait fini. Mais comment
pourrait-elle le revoir, elle, ensuite ? Car elle
l’aimait toujours. Cette passion était entrée en
elle à la façon de ces pointes de flèche qu’on ne
peut plus arracher.
Vivre sans lui était impossible. Autant mourir.
Sa pensée s’égarait dans ces angoisses et dans
ces incertitudes. Une douleur commençait à
poindre dans sa tête ; ses idées devenaient
pénibles, troubles, lui faisaient mal. Elle
s’énervait à chercher, s’exaspérait de ne pas
savoir. Elle regarda sa pendule, il était une heure
passée. Elle se dit : « Je ne veux pas rester ainsi,
je deviens folle. Il faut que je sache. Je vais
réveiller Suzanne pour l’interroger. »
Et elle s’en alla, déchaussée, pour ne pas faire
de bruit, une bougie à la main, vers la chambre de
sa fille. Elle l’ouvrit bien doucement, entra,
regarda le lit. Il n’était pas défait. Elle ne comprit

point d’abord, et pensa que la fillette discutait
encore avec son père. Mais aussitôt un soupçon
horrible l’effleura et elle courut chez son mari.
Elle y arriva d’un élan, blême et haletante. Il était
couché et lisait encore.
Il demanda effaré :
– Eh bien ! quoi ? Qu’est-ce que tu as ?
Elle balbutiait :
– As-tu vu Suzanne ?
– Moi ? Non. Pourquoi ?
– Elle est… elle est… partie. Elle n’est pas dans
sa chambre.
Il sauta d’un bond sur le tapis, chaussa ses
pantoufles et, sans caleçon, la chemise au vent, il
se précipita à son tour vers l’appartement de sa
fille.
Dès qu’il l’eut vu, il ne conserva point de
doute. Elle s’était enfuie.
Il tomba sur un fauteuil et posa sa lampe par
terre devant lui.
Sa femme l’avait rejoint. Elle bégaya :

– Eh bien ?

Il n’avait plus la force de répondre ; il n’avait
plus de colère, il gémit :
– C’est fait, il la tient. Nous sommes perdus.
Elle ne comprenait pas :
– Comment perdus ?
– Eh ! oui, parbleu. Il faut bien qu’il l’épouse
maintenant.
Elle poussa une sorte de cri de bête :
– Lui ! jamais ! Tu es donc fou ?
Il répondit tristement :
– Ça ne sert à rien de hurler. Il l’a enlevée, il
l’a déshonorée. Le mieux est encore de la lui
donner. En s’y prenant bien, personne ne saura
cette aventure.
Elle répéta, secouée d’une émotion terrible :
– Jamais ! jamais il n’aura Suzanne ! Jamais je
ne consentirai !
Walter murmura avec accablement :
– Mais il l’a. C’est fait. Et il la gardera et la

cachera tant que nous n’aurons point cédé. Donc,
pour éviter le scandale, il faut céder tout de suite.
Sa femme, déchirée par une inavouable
douleur, répéta :
– Non ! non. Jamais je ne consentirai !
Il reprit, s’impatientant :
– Mais il n’y a pas à discuter. Il le faut. Ah ! le
gredin, comme il nous a joués… Il est fort tout de
même. Nous aurions pu trouver beaucoup mieux
comme position, mais pas comme intelligence et
comme avenir. C’est un homme d’avenir. Il sera
député et ministre.
Mme Walter déclara, avec une énergie
farouche :
– Jamais je ne lui laisserai épouser Suzanne…
Tu entends… jamais !
Il finit par se fâcher et par prendre, en homme
pratique, la défense de Bel-Ami.
– Mais, tais-toi donc… Je te répète qu’il le
faut… qu’il le faut absolument. Et qui sait ? Peut-
être ne le regretterons-nous pas. Avec les êtres de
cette trempe là, on ne sait jamais ce qui peut

arriver. Tu as vu comme il a jeté bas, en trois
articles, ce niais de Laroche-Mathieu, et comme
il l’a fait avec dignité, ce qui était rudement
difficile dans sa situation de mari. Enfin nous
verrons. Toujours est-il que nous sommes pris.
Nous ne pouvons plus nous tirer de là.
Elle avait envie de crier, de se rouler par terre,
de s’arracher les cheveux. Elle prononça encore,
d’une voix exaspérée :
– Il ne l’aura pas… Je… ne… veux… pas !
Walter se leva, ramassa sa lampe, reprit :
– Tiens, tu es stupide comme toutes les
femmes. Vous n’agissez jamais que par passion.
Vous ne savez pas vous plier aux circonstances…
vous êtes stupides ! Moi, je te dis qu’il
l’épousera… Il le faut.
Et il sortit en traînant ses pantoufles. Il
traversa, fantôme comique en chemise de nuit, le
large corridor du vaste hôtel endormi, et rentra,
sans bruit, dans sa chambre.
Mme Walter restait debout, déchirée par une
intolérable douleur. Elle ne comprenait pas

encore bien, d’ailleurs. Elle souffrait seulement.
Puis il lui sembla qu’elle ne pourrait pas
demeurer là, immobile, jusqu’au jour. Elle sentait
en elle un besoin violent de se sauver, de courir
devant elle, de s’en aller, de chercher de l’aide,
d’être secourue.
Elle cherchait qui elle pourrait bien appeler à
elle. Quel homme ! Elle n’en trouvait pas ! Un
prêtre ! oui, un prêtre ! Elle se jetterait à ses
pieds, lui avouerait tout, lui confesserait sa faute
et son désespoir. Il comprendrait, lui, que ce
misérable ne pouvait pas épouser Suzanne et il
empêcherait cela.
Il lui fallait un prêtre tout de suite ! Mais où le
trouver ? Où aller ? Pourtant elle ne pouvait
rester ainsi.
Alors passa devant ses yeux, ainsi qu’une
vision, l’image sereine de Jésus marchant sur les
flots. Elle le vit comme elle le voyait en regardant
le tableau. Donc il l’appelait. Il lui disait :
« Venez à moi. Venez vous agenouiller à mes
pieds. Je vous consolerai et je vous inspirerai ce
qu’il faut faire. »

 Elle prit sa bougie, sortit, et descendit pour

gagner la serre. Le Jésus était tout au bout, dans
un petit salon qu’on fermait par une porte vitrée
afin que l’humidité des terres ne détériorât point
la toile.
Cela faisait une sorte de chapelle dans une
forêt d’arbres singuliers.
Quand Mme Walter entra dans le jardin
d’hiver, ne l’ayant jamais vu que plein de
lumière, elle demeura saisie devant sa profondeur
obscure. Les lourdes plantes des pays chauds
épaississaient l’atmosphère de leur haleine
pesante. Et les portes n’étant plus ouvertes, l’air
de ce bois étrange, enfermé sous un dôme de
verre, entrait dans la poitrine avec peine,
étourdissait, grisait, faisait plaisir et mal, donnait
à la chair une sensation confuse de volupté
énervante et de mort.
La pauvre femme marchait doucement, émue
par les ténèbres où apparaissaient, à la lueur
errante de sa bougie, des plantes extravagantes,
avec des aspects de monstres, des apparences
d’êtres, des difformités bizarres.

Tout d’un coup, elle aperçut le Christ. Elle

ouvrit la porte qui le séparait d’elle, et tomba sur
les genoux.
Elle le pria d’abord éperdument, balbutiant des
mots d’amour, des invocations passionnées et
désespérées. Puis, l’ardeur de son appel se
calmant, elle leva les yeux vers lui, et demeura
saisie d’angoisse. Il ressemblait tellement à Bel-
Ami, à la clarté tremblante de cette seule lumière
l’éclairant à peine et d’en bas, que ce n’était plus
Dieu, c’était son amant qui la regardait. C’étaient
ses yeux, son front, l’expression de son visage,
son air froid et hautain !
Elle balbutiait : « Jésus ! Jésus ! Jésus ! » Et le
mot « Georges » lui venait aux lèvres. Tout à
coup, elle pensa qu’à cette heure même, Georges,
peut-être, possédait sa fille. Il était seul avec elle,
quelque part, dans une chambre. Lui ! lui ! avec
Suzanne !
Elle répétait : « Jésus !… Jésus ! » Mais elle
pensait à eux… à sa fille et à son amant ! Ils
étaient seuls, dans une chambre… et c’était la
nuit. Elle les voyait. Elle les voyait si nettement

qu’ils se dressaient devant elle, à la place du
tableau. Ils se souriaient. Ils s’embrassaient. La
chambre était sombre, le lit entrouvert. Elle se
souleva pour aller vers eux, pour prendre sa fille
par les cheveux et l’arracher à cette étreinte. Elle
allait la saisir à la gorge, l’étrangler, sa fille
qu’elle haïssait, sa fille qui se donnait à cet
homme. Elle la touchait… ses mains rencontrèrent
la toile. Elle heurtait les pieds du Christ.
Elle poussa un grand cri et tomba sur le dos.
Sa bougie, renversée, s’éteignit.
Que se passa-t-il ensuite ? Elle rêva longtemps
des choses étranges, effrayantes. Toujours
Georges et Suzanne passaient devant ses yeux,
enlacés, avec Jésus-Christ qui bénissait leur
horrible amour.
Elle sentait vaguement qu’elle n’était point
chez elle. Elle voulait se lever, fuir, elle ne le
pouvait pas. Une torpeur l’avait envahie, qui liait
ses membres et ne lui laissait que sa pensée en
éveil, trouble cependant, torturée par des images
affreuses, irréelles, fantastiques, perdue dans un
songe malsain, le songe étrange et parfois mortel

que font entrer dans les cerveaux humains les
plantes endormeuses des pays chauds, aux formes
bizarres et aux parfums épais.
Le jour venu, on ramassa Mme Walter, étendue
sans connaissance, presque asphyxiée, devant
Jésus marchant sur les flots. Elle fut si malade
qu’on craignit pour sa vie. Elle ne reprit que le
lendemain l’usage complet de sa raison. Alors,
elle se mit à pleurer.
La disparition de Suzanne fut expliquée aux
domestiques par un envoi brusque au couvent. Et
M. Walter répondit à une longue lettre de Du
Roy, en lui accordant la main de sa fille.
Bel-Ami avait jeté cette épître à la poste au
moment de quitter Paris, car il l’avait préparée
d’avance le soir de son départ. Il y disait, en
termes respectueux, qu’il aimait depuis
longtemps la jeune fille, que jamais aucun accord
n’avait eu lieu entre eux, mais que la voyant venir
à lui, en toute liberté, pour lui dire : « Je serai
votre femme », il se jugeait autorisé à la garder, à
la cacher même, jusqu’à ce qu’il eût obtenu une
réponse des parents dont la volonté légale avait

pour lui une valeur moindre que la volonté de sa
fiancée.
Il demandait que M. Walter répondît poste
restante, un ami devant lui faire parvenir la lettre.
Quand il eut obtenu ce qu’il voulait, il ramena
Suzanne à Paris et la renvoya chez ses parents,
s’abstenant lui-même de paraître avant quelque
temps.
Ils avaient passé six jours au bord de la Seine,
à La Roche-Guyon.
Jamais la jeune fille ne s’était tant amusée.
Elle avait joué à la bergère. Comme il la faisait
passer pour sa sœur, ils vivaient dans une intimité
libre et chaste, une sorte de camaraderie
amoureuse. Il jugeait habile de la respecter. Dès
le lendemain de leur arrivée, elle acheta du linge
et des vêtements de paysanne, et elle se mit à
pêcher à la ligne, la tête couverte d’un immense
chapeau de paille orné de fleurs des champs. Elle
trouvait le pays délicieux. Il y avait là une vieille
tour et un vieux château où l’on montrait
d’admirables tapisseries.

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