La Poupée sanglante

Chapitre 18Des nouvelles de la marquise

« Ma chère Christine, je vous écrisparce que je n’ai plus d’espérance qu’en vous, en vous et enM. Bénédict Masson, espérance bien faible,hélas !…

« Maintenant que je suis loin devous, comment vous convaincrais-je de ma trop réelle infortune,vous qui n’y avez pas cru quand j’étais frappée sous vosyeux ?

« Non, Christine, ce n’est pas unefolle qui vous écrit, ce n’est pas une monomane qui se meurt d’uneidée fixe, comme vous l’avez pensé longtemps, comme vous le pensezsûrement encore (sans quoi vous ne m’eussiez pas laisséepartir ; vous ne m’eussiez pas, vous et M. BénédictMasson, abandonnée à mon bourreau), c’est la plus malheureuse descréatures à qui l’on vole sa vie chaque jour, chaque nuit, goutte àgoutte, c’est la victime d’un monstre qui a déjà dévoré desgénérations et qui vient chercher sa nourriture dans desveines épuisées par son insatiable morsure !…

« Ah ! ne souriez pas,Christine, comme je vous ai vue déjà si tristement sourire…Pourquoi ne pas me croire, vous qui m’avez vue ?… Pourquoi nepas accepter mon mourant témoignage ?…

« Ce mot de vampire, quand je leprononçai pour la première fois devant vous, n’évoquait qu’un vaguefantôme né de mon imagination malade… et pourtant !… etpourtant !… Il était là ; entre nous, en chair et enos !…

« Christine ! Christine !cela a existé les vampires !… J’admets qu’ils aient disparupeu à peu de la surface de la terre, poursuivis, traqués jusqu’aufond de leurs funèbres repaires, mais pourquoi ne voudriez-vous pasqu’au moins l’un d’eux ait survécu à cette racemaudite ?…

« Quelquefois, les matelots quireviennent des mers lointaines nous racontent qu’ils ont soudain vusortir du sein des flots les replis formidables de ces monstresqui, au témoignage de l’histoire naturelle, peuplaient la mer auxpremiers temps du monde… Le serpent de la baie d’Along estpeut-être le dernier de cette espèce redoutable comme celui quevous savez est peut-être le dernier vampire vomi par lestombeaux !…

« Son tombeau ! son tombeauvide d’où il est sorti il y plus de deux cents ans pour se repaîtredu sang des vivants ; j’ai voulu le voir ; je l’ai vu…j’en ai soulevé la pierre !… Guidée par un homme, par le plushumble des hommes à qui mon sort a inspiré quelque pitié et qui, encachette, vous fait parvenir ces lettres, je suis descendue dans lacrypte mortuaire de la chapelle de Coulteray dont cet homme est legardien…

« Là, sont les tombeaux de lafamille… Le premier de la seconde rangée à droite… c’estcelui-là !… « Cy-gît Louis-Jean-Marie-Chrysostome,marquis de Coulteray, premier écuyer de Sa Majesté… » et uneplaque, sous la date, où l’on trouve cette mention :« Les restes de Louis-Jean-Marie-Chrysostome ont été dispersésen 1793, par la Révolution. »

« Dispersés !…dispersés !… Je sais où ils sont, moi, les restes deLouis-Jean-Marie-Chrysostome !… Et vous aussi, Christine, quine me croyez pas, vous le saurez un jour !… Ils se portentfort bien !…

« Quelle vision que cettecrypte !… Cette tombe vide m’attire !… quelque chose medit qu’une nuit, je me réveillerai sous cette pierre… et que, moiaussi, à mon tour, je me lèverai, pâle fantôme qui cherchera savie !…

« Qu’un pareil destin me soitépargné, Seigneur !… Vous savez à quel prix, Christine !…Vous savez ce que l’on doit faire de nos cadavres pour qu’ils nesoient plus redoutables après la mort !…

« Qu’au moins mon tourment cesseavec ma vie !… Sangor m’a promis de ne point m’épargner quandje serai morte… Moi morte, il n’a aucune raison de me tromper… etpuis, ce sera son intérêt, ce dernier geste qui me libérera àjamais des horribles festins de la terre !… Je me suisarrangée pour cela !… Vous allez me croire plus folle quejamais !… Christine ! Christine !… j’espère avoirbientôt l’occasion de vous convaincre de ce qui se passeici !… de vous fournir une preuve décisive… irréfutable… etalors, vous accourrez, n’est-ce pas, vous et BénédictMasson !… Vous me sauverez, s’il en est tempsencore !…

« Le marquis ne me quitteplus !… depuis que je ne suis plus qu’un souffle, jamais il nem’a autant aimée !… C’en est fini de cette liberté relativedont je jouissais encore à Paris… Il a renoncé à m’abuser sur lanature de son mortel amour. Il ne cherche plus à tromperpersonne !… à me faire croire à moi-même que je ne suis qu’unemalade ! c’est fini cette étape-là !… Je suis prisonnièrede l’époux qui me dévore !… Ses lèvres ne me quitteront quelorsque j’aurai rendu le dernier soupir… Le voilà bien tranquillepour boire sans remords le sang pâle que l’ingéniosité diaboliquede Saïb Khan parvient encore à faire couler dans mesveines…

« Je ne sais comment je puis encoreme traîner !… Ce médecin hindou ressusciterait lesmorts !…

« Christine, je vais vous direcomment j’ai voulu profiter des forces que, je ne sais par quelsortilège, il m’avait redonnées, pour m’échapper au cours dudernier voyage… mais assez pour aujourd’hui !… assez !ils viennent !… Je les entends ! Ils rentrent de lapromenade et ils viennent prendre des nouvelles de masanté !… Sing-Sing leur ouvre déjà laporte !… »

DEUXIÈME LETTRE. – « Ma chère Christine,vous savez comment on m’a fait quitter Paris, à la suite dequelle scène entrevue par vous et Bénédict Masson… On ne comptaitpas sur vous, je puis vous l’affirmer… On se croyait seulsà l’hôtel.

« Quand vous êtes accourus à mescris, quand vous avez pénétré dans cette chambre où j’étais déjà saproie, me débattant vainement contre sa morsure, sa figure penchéesur moi et qu’envahissait déjà l’ivresse de sa passion du sang, demon sang… sa figure est devenue terrible… Je me suis dit :« Ils sont perdus ! »

« Mais c’est moi qui étaisperdue ! Vous, on vous a laissés là-bas… Vous supprimer, celapouvait devenir trop grave… beaucoup trop compliqué… Après tout,qu’est-ce que vous aviez vu ? Rien ?… Qu’est-ce vousaviez entendu ?… Un cri de folle ? Toujours defolle !… Mes confidences antérieures ? Imaginations d’uncerveau endolori !

« Tout de même, après une tellescène, il n’y avait plus qu’à en finir avec moi, jusqu’à plussoif !…

« Et l’on m’aemportée !…

« Ah ! je savais bien quec’était la fin !… Ce sentiment affreux d’une pareille mort,suivie de je ne sais quoi de plus horrible peut-êtreencore, m’a fait me traîner une dernière fois jusqu’à vousdans le moment qu’ils pouvaient me croire incapable d’unmouvement !… Christine ! Christine ! Il m’a sembléque, dans cette dernière entrevue-là, l’équilibre trop bien établide votre esprit calme, trop calme, a chancelé… J’ai vu passer dansvos yeux non seulement cette pitié coutumière que j’y lisais avecdésespoir, mais quelque chose de plus, quelque chose que jepourrais peut-être formuler ainsi : « Si, par hasard, lafolle avait raison ? » et chez Bénédict Masson j’aitrouvé aussi quelque chose de nouveau !… Eh bien,accourez ! accourez vite si vous ne voulez pas me trouvermorte !…

« Je vous disais dans ma dernièrelettre que j’avais voulu me sauver au cours du voyage. Oui, j’avaisrésolu cela !… j’étais décidée à risquer le cabanon, la maisonde folles dont on m’a plus d’une fois menacée, plutôt que decontinuer cette agonie !… mais eux, ils m’avaientdevinée !… Ils devinent tout ! Sangor, Sing-Sing devinenttous les gestes que je vais faire !… Saïb Khan, qui était duvoyage, comme vous pensez bien, devine toutes mes pensées !…Et le marquis peut être tranquille : on lui garde bien saproie !…

« Tout de même, j’ai tentél’impossible aventure !… Dans l’auto, je ne pouvais rienespérer !… Nous étions encore dans Paris que cette auto setransformait en cage de fer… les volets se rabattaient sur lesrideaux… je pouvais crier là-dedans !…

« Mais je ne criai pas !…J’attendis une occasion… Elle se présenta… À l’aurore, nous eûmesune panne… Il fallait travailler à la voiture… Je faisais celle quidormait, épuisée de vie, je faisais la morte… On me transporta dansune chambre de l’hôtel qui donnait de plain-pied sur la cour oùl’on réparait l’auto et, par-derrière, sur un jardin qui ouvraitsur la campagne…

« À quelques centaines de mètres,j’aperçus la lisière d’une forêt. Ah ! gagner ces bois !…m’enfouir dans les arbres, dans les feuilles, dans la terre !…leur échapper !…

« Du lit où l’on m’avait étendue,j’apercevais dans la clarté même du matin le petit espace qu’il mefallait parcourir… Par la pensée, je le traversais déjà, jeglissais, délivrée, jusqu’à ce bois sauveur !…

« Mais, en réalité, commentfaire ?… Devant ma porte se tenait Sangor… Un peu plus loin,le marquis, qui se promenait avec Saïd Khan, tandis que lesemployés du garage, que l’on avait réveillés, se hâtaient deremettre la voiture en état… sous ma fenêtre dans le jardin,Sing-Sing.

« Je savais combien celui-ci étaitvoleur, chapardeur, fureteur, ne pouvant rester en place… Àl’hôtel, on l’attachait quelquefois dans sa niche comme unemauvaise bête de garde, sur laquelle on ne peut compter que lachaîne au cou… Mon espoir était là… Déjà, agile comme un chat, jel’avais vu grimper dans un arbre pour y croquer je ne sais quelfruit vert… Qu’aperçut-il du haut de cet arbre ?… Toujoursest-il que, se balançant de branche en branche, il sautait sur lebord d’une fenêtre entrouverte au premier étage et disparaissaitdans le bâtiment.

« En une seconde, je fus debout…j’ouvris la fenêtre !… Depuis bien longtemps, je ne m’étaissentie aussi forte !… Je ne pesais pas plus qu’une plume… Mesjambes allaient dans le jardin… et déjà je m’élançais… Tout à coup,je poussai un cri terrible ! J’avais senti lamorsure !… »

TROISIÈME LETTRE. – « Ma chère Christine,je vous écris quand je peux, comme je peux… le plus souventla nuit, à la lueur de ma veilleuse… au moindre bruit je cache monchiffon. Je sens qu’il faut que je vous écrive, pour vousconvaincre, je veux que vous veniez ! Montrez meslettres à Bénédict Masson. J’y compte bien. Je compte sur vousdeux. Je vous le répète, je ne cesserai de vous le répéter… Etsi vous arrivez trop tard, mes lettres serviront peut-être à ensauver d’autres !… car il n’est point possible que lavérité ne se découvre pas un jour… il n’est pas possible que lemonstre qui mord à distance continue à se promener pendantdes siècles encore, au milieu de ses victimes qui peuventcroire quelquefois qu’elles sont piquées à un rosier et qui enmeurent !…

« Ma chère Christine, je reprendsmon récit au point où je l’ai laissé la nuit dernière… Je me sentisdonc mordue par le monstre, par ce monstre qui était quelque partderrière moi !

« Ah ! l’horriblesensation !… je la connaissais !… Au moment où je m’yattends le moins… toujours au moment où je m’y attends le moins, jesens sa dent aiguë qui me pénètre la veine et qui se retire après yavoir laissé son venin !…

« Oui !… du venin !…j’imagine que les vampires ont, comme les vipères, une dent creusepleine de venin… d’un certain poison qui se répand dans tout votrecorps avec une rapidité et avec une douceur à laquelle il estimpossible de résister… Vous sentez immédiatement vos forcesfuir comme par une porte ouverte… qui est ce petit trou de lamorsure !… c’est un engourdissement qui surprend plus qu’il nefait souffrir… et qui en est d’autant plus terrible, lorsque, commemoi, on en connaît la suite !…

« La suite, c’est le monstrelui-même qui arrive !…

« Car les vampires ont cetteparticularité que n’ont point les vipères : ils mordent àdistance !…

« Je savais qu’il étaitlà…

« Je ne me retournai mêmepas !… J’essayai, en un effort suprême, de lutter contrel’anéantissement qui déjà me gagnait.

« Je parvins à me traîner jusqu’àla barrière qui fermait le jardin…

« Et puis, vaincue, je tournai surmoi-même… Alors j’aperçus le marquis à la fenêtre de la chambre,qui riait !… »

QUATRIÈME LETTRE. – « Se doute-t-onde quelque ! chose ? Drouine, le sacristain, le gardiendes morts dont je vous ai parlé, un brave homme dans toutel’acception du mot, m’a dit de me méfier de tout… Si l’on surprendson dévouement pour moi, il perdra sa place qui le fait vivre, maisce n’est pas ce qui l’arrête, il ne craint que pour moi.

« Le bon serviteur, je luirevaudrai cela ! En attendant, nous prenons mille précautions,je feins une grande dévotion (vous savez que je suis catholique) etsous prétexte d’aumônes pour la chapelle, je glisse dans le troncmes bouts de lettres… Sing-Sing lui-même, qui suis la trace de monmanteau comme un mauvais lutin, n’y voit que du feu !… EtDrouine ouvre le tronc et vous fait parvenir ceschiffons…

« À la suite de ma dernièreescapade, on m’avait jetée dans la voiture comme un paquet et je nesuis sortie de là que dans la cour du château…

« Coulteray est une vraieprison !… Des fossés, des murs qui datent du Moyen Âge, lachapelle est dans la cour ainsi que ce qui reste du donjon. On melaisse me promener dans cette cour, qu’ils appellent encore« la baille », comme au temps jadis et qui est à moitiétransformée en verger.

« La chapelle a un ossuaire, unpetit cimetière qui l’entoure avec des parterres defleurs.

« En cette saison, toutes cespierres qui appartiennent au passé et à la mort n’ont rien departiculièrement lugubre, sous la parure printanière qui lesmasque. La verdure triomphe partout, mange les murs, bouche lesplaies. La vie déborde de toutes parts pendant qu’elle mefuit.

« De ma fenêtre, située au premierétage, j’aperçois par une brèche un paysage enchanté qui se mireaux eaux calmes de la rivière qui se jette, là-bas, dans la Loire.Et moi, je me meurs !

« Je suis venue ici pourmourir ! Je sens, je sais qu’on ne quittera ces lieux quelorsque je serai morte !

« On ne m’y a amenée que pouraspirer en paix mon dernier souffle !

« Jamais le marquis n’a été aussidoux, aussi aimable, aussi plein de petits soins ! Il s’estfait mon valet ! Il veut être seul à me servir ! Jamaisil ne m’a dit d’aussi douces choses ! Il me jure qu’il n’ajamais aimé que moi ! Ah ! comme il m’aime ! commeil m’aime ! Comme il m’offre son bras pour y sentir mafaiblesse. Son amour m’a tout pris !…

« C’est le grand vampire !… Lemonde est plein de petits vampires. Il n’y a guère de couplesici-bas qui ne se dévorent. Il faut que l’un mange l’autre !que l’un profite au détriment de l’autre ! Tantôtc’est le mâle, tantôt c’est la femelle… Un égoïsme plus fort réduitpeu à peu l’être qui vit dans son ombre à zéro !… Il n’estpoint nécessaire pour cela que l’on se perce les veines et que l’onse suce le sang… c’est l’histoire de presque tous les ménages, maiscelle du nôtre, c’est autre chose !…

« C’est l’histoire du grand vampirequi est sorti de sa tombe, il y a plus de deux cents ans et qui necompte plus ses victimes… je n’ai rien inventé, je ne vous lerépéterai jamais assez ! ce n’est pas une histoire, c’est del’histoire ! Et Drouine ne l’ignorait pas. Drouinecroit, lui, comme beaucoup d’autres, du reste, au village,qui fuient quand passe le grand vampire…

« Nous nous sommes confessés devantle tombeau vide et je lui ai tout dit !…

« Mais il ne peut rien pour moi,rien avant ma mort ! Mais vous, Christine, vousBénédict Masson, vous pouvez me sauver avant ma mort !… jevous attends !… »

CINQUIÈME LETTRE. – « Cette nuit,il m’a accompagnée jusqu’à ma porte comme un amant soumis… et ils’est retiré très triste… Alors j’ai vivement fermé la porte… j’aipoussé le verrou, et j’ai couru à la fenêtre, et j’ai fermé lafenêtre… Car, tant que la fenêtre est ouverte, il peut me mordre àdistance !…

« Maintenant je suis plustranquille… je sens que je vais avoir une nuittranquille…

« Quelle paix sur la terre !…enfin ! enfin !… Une lune éblouissante apparaît par labrèche du rempart… Un paysage d’argent m’entoure. Je me sens lalégèreté d’un ange. J’ai des ailes. Si j’ouvrais la fenêtre,j’imagine que je pourrais me balancer au-dessus des eauxmiroitantes de la Loire.

« J’y regarderais une dernière foismon image terrestre et je filerais vers les étoiles, détachée àjamais des liens de sang qui me rivent à cette terremaudite.

« Mais je n’ouvrirai pas lafenêtre, car c’est trop dangereux.

« La blessure pourrait entrer parla fenêtre !

« Horreur ! Oh !Horreur ! Je suis blessée !

« Je suis blessée !

« Mais par où est entrée lablessure ? Qui le dira jamais ?

« Pitié, monDieu ! »

SIXIÈME LETTRE. – « Concevez-vouscela ?… Oui ! tout était fermé !… Il me mordmaintenant à travers les murs !… Et vous n’accourezpas ?… »

SEPTIÈME LETTRE. – « Je vais vousprouver que je ne suis pas folle !… Aucun livre au monde n’ajamais dit qu’un vampire pouvait mordre à travers les murs !…Et cependant j’ai été mordue !… j’ai cherché !… j’aicherché partout !… et j’ai fini par découvrir un petit trou,large d’un doigt, dans le mur, en face de mon prie-Dieu !…C’est par ce petit trou-là que le monstre m’a mordue pendantque je faisais ma prière ! »

HUITIÈME LETTRE. – « Ah ! jeveux savoir ! je veux savoir comment il mord àdistance !… je le saurai s’il m’en laisse le temps !…Non, je ne suis pas folle !… non, je ne suis pasfolle ! »

NEUVIÈME LETTRE. – « Horreur de sabouche ensanglantée quand elle quitte ma veine inépuisable et qu’ilrelève son front de démon indien pour me dire : « Jet’aime ! »

DIXIÈME LETTRE. – « Ainsi aimaientles démons indiens, les Assouras domestiqués par SaïdKhan… les premiers vampires du monde connus !… Non loin deBénarès, dans une petite île du Gange, il y a un cimetière plein deleurs victimes sacrées… Le grand vampire européen devait rendrevisite à ses ancêtres… et là il a connu Saïb Khan, qui est unmédecin très moderne (là-bas, la colonie anglaise raffolait de lui,littéralement), ce qui ne l’empêche pas d’être en communicationdirecte avec les Assouras ; aux Indes, c’était unfait que personne ne mettait en doute et qui faisait du reste saréputation.

« Moi, j’en riais !

« Je le traitais decharlatan !… Je ne croyais pas aux vampires, dans cetemps-là !… j’avais tort !… j’ai eu le temps dem’instruire depuis et je voudrais bien instruire les autres quidoutent encore !…

« Mais je sens que la preuve vavenir !…

« J’ai autant de lucidité qu’unSherlock Holmes, croyez-moi !… Et il en faut pour une enquêtepareille !…

« Mais je veux savoir comment ilmord de loin !… »

ONZIÈME LETTRE. – « Hier, j’aipresque touché la preuve !… la preuve que je ne suis pasfolle !… »

DOUZIÈME ET DERNIÈRE LETTRE. –« J’ai la preuve…je vous l’envoie ! etmaintenant accourez ! car il va me tuer si je ne meurs pasassez vite !… »

À ce dernier griffonnage que lui apportala poste, un petit paquet recommandé était joint, dont Christinefit sauter les cachets avec une angoisse, une inquiétude dont ellene se défendait plus…

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