LE CRIME DU GOLF Agatha Christie

Et que dirait la jeune fille de son côté ? Je ne lui avais pas soufflé mot de l’arrestation de Jack Renauld. Pour l’instant, elle ignorait totalement que son ancien amoureux était en prison, accusé d’un crime affreux qu’il n’avait pas commis. Comment réagirait-elle quand elle le saurait ? Consentirait-elle à avoir la vie sauve au prix de la sienne ? J’espérais qu’elle ne ferait rien d’irréfléchi, puisque Jack Renauld serait sans doute acquitté sans aucune intervention de sa part. Dans ce cas, rien à craindre. Mais dans le cas contraire ? C’était là le terrible, l’insoluble dilemme. Elle n’encourrait sans doute pas la peine capitale. Elle avait pour elle toutes les circonstances atténuantes : elle invoquerait la jalousie, et les événements qui avaient exaspéré cette jalousie. Sa jeunesse et sa beauté feraient le reste. Le fait que par une tragique erreur, c’était M. Renauld, et non son fils, qui avait subi les conséquences de son geste, ne changerait cependant rien aux mobiles du crime. Quelle que soit l’indulgence du jury, elle ne pourrait échapper à de longues années de prison.

Non, il fallait à tout prix protéger Bella. Et, en même temps, il fallait sauver Jack Renauld. Je voyais mal comment accomplir un tel miracle, mais je me reposais entièrement sur Poirot. Il savait. Quoi qu’il advienne, il ne laisserait pas condamner un innocent. Il inventerait une histoire quelconque. Ce ne serait pas facile, mais il y parviendrait. Bella ne serait pas soupçonnée, Jack Renauld serait acquitté, et tout s’arrangerait.

Mais j’avais beau me répéter tout cela, un étau glacé continuait de me serrer le cœur.

24

Sauvez-le !

Nous revînmes en France par le bateau du soir, pour nous trouver le lendemain matin à Saint-Omer, où l’on avait transféré Jack Renauld. Poirot voulut aussitôt rendre visite à M. Hautet. Comme il ne semblait voir aucune objection à ma présence, je l’accompagnai.

Après diverses formalités, nous fûmes introduits dans le bureau du magistrat, qui nous accueillit avec cordialité.

— Je m’étais laissé dire que vous étiez retourné en Angleterre, monsieur Poirot. Je me réjouis de constater qu’il n’en est rien.

— J’y suis allé, en effet, mais pour une simple visite éclair. Une piste d’intérêt secondaire, qui méritait malgré tout d’être examinée de près.

— Et vous êtes satisfait ?

Poirot haussa les épaules. M. Hautet hocha la tête avec un soupir.

— Je crois qu’il faut nous faire une raison. Cet animal de Giraud a des manières épouvantables, mais c’est un malin, aucun doute là-dessus ! Il y a peu de chances qu’il se trompe, celui-là !

— Vous croyez ?

Ce fut au tour du juge d’instruction de hausser les épaules.

— Eh bien… Pour parler franchement – et cela reste entre nous, bien sûr – voyez-vous une autre conclusion possible ?

— À dire vrai, il me semble qu’il reste bien des points obscurs.

— Lesquels, par exemple ?

Mais Poirot ne se laissa rien soutirer.

— Oh ! Je ne les ai pas encore bien catalogués. C’était plutôt une réflexion d’ordre général. Ce jeune homme m’est sympathique, et j’ai du mal à le croire coupable d’un crime aussi affreux. À ce propos, que dit-il pour sa défense ?

Le magistrat fronça les sourcils.

— Je n’arrive pas à le comprendre. Il semble incapable de nous en fournir une, et nous avons eu le plus grand mal à obtenir qu’il réponde à nos questions. Il se borne à tout nier en bloc, et se réfugie ensuite dans un silence obstiné. Je procéderai demain à un nouvel interrogatoire. Peut-être souhaitez-vous y assister ?

Nous acceptâmes cette invitation avec empressement.

— Une bien pénible affaire, reprit le juge d’instruction avec un petit soupir. J’ai la plus profonde sympathie pour Mme Renauld.

— Comment va-t-elle ?

— Elle n’a pas encore repris connaissance. En un sens, c’est aussi bien pour elle, la pauvre femme ! Cela lui épargne bien des tourments. Le docteur affirme qu’elle n’est pas en danger, mais qu’il lui faudra beaucoup de calme et de silence quand elle aura repris ses esprits. Plus encore que sa chute, c’est le choc qu’elle a éprouvé qui l’a mise dans cet état. Ce serait terrible si son cerveau en gardait des traces, mais je n’en serais qu’à moitié surpris !

M. Hautet se renversa dans son fauteuil en secouant la tête, plein d’une délectation morbide devant cette sombre perspective. Il émergea de sa torpeur pour lancer soudain :

— À propos, j’ai reçu une lettre pour vous, monsieur Poirot. Voyons voir, où ai-je bien pu la mettre ?

Il se mit à fourrager dans ses papiers, d’où il finit par extraire une enveloppe qu’il tendit à Poirot.

— Elle m’a été adressée sous pli cacheté pour que je vous la fasse suivre. Mais comme vous n’aviez pas laissé d’adresse, je n’ai pas pu vous l’envoyer.

Poirot examina l’enveloppe avec curiosité. L’écriture, longue et penchée, était visiblement celle d’une femme. Poirot la glissa dans sa poche sans l’ouvrir et se leva pour prendre congé.

— À demain, donc. Et merci encore de votre amabilité.

— Je vous en prie. Je suis à votre entière disposition.

Au moment précis où nous sortions de l’immeuble, nous tombâmes nez à nez avec Giraud, l’air plus dandy et content de lui que jamais.

— Ah ah ! Monsieur Poirot, dit-il d’un ton nonchalant, vous voilà donc revenu d’Angleterre ?

— Comme vous pouvez le constater.

— Nous ne sommes plus loin de la conclusion de cette affaire, j’imagine.

— En effet, monsieur Giraud.

L’air déconfit de Poirot semblait combler d’aise l’inspecteur parisien.

— De tous les criminels sans odeur ni saveur que j’ai rencontrés… ! Il ne cherche même pas à se défendre, c’est tout de même extraordinaire !

— Si extraordinaire que cela donne à penser, vous ne trouvez pas ? suggéra doucement Poirot.

Mais Giraud ne l’écoutait même pas. Il fit tournoyer sa canne.

— Eh bien, bonne journée, monsieur Poirot. Je constate avec plaisir que vous admettez enfin la culpabilité de Jack Renauld.

— Ah pardon ! je n’admets rien du tout ! Jack Renauld est innocent.

Giraud le dévisagea un instant, puis il éclata de rire en se tapotant le front de l’index :

— Complètement toqué ! laissa-t-il tomber.

Poirot se redressa et une lueur menaçante passa dans son regard.

— Monsieur Giraud, tout au long de cette affaire, vous avez eu envers moi une attitude délibérément insultante. Vous méritez une leçon. Je suis prêt à parier cinq cents francs que je trouverai le meurtrier de M. Renauld avant vous. C’est d’accord ?

Giraud le toisa avec commisération et répéta :

— Complètement toqué !

— Allons, le pressa Poirot. Pari tenu ?

— Mais je n’ai pas envie de vous prendre votre argent !

— Soyez sans crainte, vous ne me le prendrez pas.

— Eh bien, d’accord ! Et si vous trouvez que j’ai été insultant à votre égard, laissez-moi vous dire qu’une ou deux fois, vous m’avez exaspéré, vous aussi.

— Vous m’en voyez ravi, rétorqua Poirot. Monsieur Giraud, je vous souhaite le bonjour. Venez, Hastings.

Nous marchâmes dans la rue en silence. J’avais le cœur lourd. Poirot n’avait que trop clairement annoncé ses intentions. Je doutais plus que jamais d’arriver à sauver Bella. La malheureuse rencontre avec Giraud avait rendu Poirot fou de rage et l’avait complètement remonté.

Je me retournai en sentant une main se poser soudain sur mon épaule, et je me trouvai face à Gabriel Stonor. Après un cordial échange de civilités, il nous proposa de nous raccompagner à notre hôtel.

— Que faites-vous ici, monsieur Stonor ? demanda Poirot.

— La place d’un homme est auprès de ses amis, répliqua Stonor d’un ton sec. Surtout quand ils sont injustement accusés.

— Vous pensez donc que Jack Renauld n’a pas commis ce crime ? demandai-je anxieusement.

— J’en suis certain. Je connais ce garçon. J’admets qu’il y a des aspects stupéfiants dans cette affaire. Mais quand même, et bien qu’il se conduise comme un imbécile, on ne me fera jamais croire que Jack Renauld est un meurtrier.

Je me sentis aussitôt plus proche de Gabriel Stonor. Il venait sans le savoir de m’ôter un poids du cœur.

— Vous savez, m’exclamai-je, vous n’êtes pas le seul à le penser. Les preuves contre lui sont ridiculement faibles. Pour moi, son acquittement ne fait aucun doute, aucun !

La réponse de Stonor ne fut pas celle que j’aurais souhaitée.

— Je donnerais cher pour en être aussi sûr, dit-il d’un ton grave. (Puis, se tournant vers Poirot 🙂 Qu’en dites-vous, monsieur ?

— Je pense que son cas est bien mauvais, répondit tranquillement Poirot.

— Vous le croyez coupable ? répliqua vivement Stonor.

— Non. Mais je pense qu’il sera difficile de le prouver.

— Il a un comportement si bizarre, murmura Stonor. Bien sûr, je me doute qu’il y a derrière ce meurtre bien plus de choses qu’il n’y paraît. Giraud n’y voit que du feu parce qu’il n’est pas dans le coup, mais toute cette histoire est fichtrement bizarre. Enfin, moins on en dit et mieux on se porte. Si Mme Renauld préfère taire certaines choses, je suis son homme. C’est elle que ça regarde, et je respecte trop son jugement pour m’en mêler. Mais c’est l’attitude de Jack que je n’arrive pas à comprendre. C’est à croire qu’il cherche à tout prix à se faire accuser !

— Mais c’est absurde ! m’écriai-je. Et d’abord, le poignard…

Je m’interrompis, ne sachant pas trop ce que Poirot souhaitait voir révéler. Je repris en choisissant mes mots :

— Nous savons que le poignard ne pouvait être en possession de Jack Renauld ce soir-là. Mme Renauld le sait aussi.

— C’est vrai, dit Stonor. C’est sans doute ce qu’elle dira quand elle reprendra connaissance, et bien d’autres choses encore. Eh bien, je vais vous laisser.

Poirot l’arrêta d’un geste :

— Un instant. Vous serait-il possible de m’envoyer un mot dès que Mme Renauld aura repris conscience ?

— Mais certainement. Rien de plus facile.

— Poirot, cette histoire de poignard est un bon point pour nous, dis-je d’un ton pressant en montant l’escalier. Mais j’ai préféré ne pas trop en dire devant Stonor.

— Et vous avez bien fait. Autant garder ça pour nous le plus longtemps possible. Mais ce que vous avez dit à propos de ce poignard ne suffira pas à sauver Jack Renauld. Vous avez vu que je me suis absenté une petite heure ce matin, avant de quitter Londres ?

— Et alors ?

— Alors je me suis employé à retrouver la firme à laquelle s’est adressé Jack Renauld pour fabriquer ces coupe-papier. Cela n’a pas été très difficile. Eh bien, Hastings, ils ont fabriqué à sa demande non pas deux, mais trois coupe-papier.

— De sorte que…

— De sorte qu’après en avoir donné un à sa mère et un autre à Bella Duveen, il lui en restait un troisième qu’il destinait sans doute à son propre usage. Non, Hastings, je crains que la question des poignards ne nous soit d’aucun secours pour le sauver de la guillotine.

— Mais on n’en arrivera pas là !

Poirot secoua la tête d’un air de doute.

— Vous le sauverez ! affirmai-je avec énergie.

Poirot me lança un coup d’œil peu amène.

— N’est-ce pas vous qui m’avez rendu la tâche impossible, mon ami ?

— Vous trouverez bien un moyen, marmottai-je.

— Ah, sapristi ! Mais ce sont des miracles que vous me demandez ! Non, plus un mot là-dessus. Voyons plutôt ce que dit cette lettre.

Il sortit l’enveloppe de sa poche ; je vis son visage se contracter tandis qu’il lisait, puis il me tendit une mince feuille de papier pelure.

— Il y a d’autres femmes qui souffrent en ce monde, Hastings.

À voir l’écriture heurtée, il était clair déjà qu’on avait rédigé ce mot à la hâte et dans un état de grande agitation.

Cher monsieur Poirot,

Si vous recevez ceci, je vous supplie de me venir en aide. Je n’ai personne vers qui me tourner, et il faut sauver Jack à tout prix. J’implore votre secours à genoux.

Marthe Daubreuil

Je lui rendis la lettre, ému.

— Vous irez ?

— À l’instant. Nous allons demander une voiture.

Une demi-heure plus tard, nous étions à la villa Marguerite. Marthe nous attendait sur le seuil ; elle retint longuement la main de Poirot dans les siennes.

— Ah ! Vous êtes venu ! Vous êtes bon ! J’étais désespérée, je ne savais plus que faire. Ils ne me laissent même pas lui rendre visite en prison. Je souffre horriblement. J’en deviens folle. C’est vrai, ce qu’ils disent ? Qu’il ne nie même pas le crime ? Mais c’est de la folie ! Il ne peut pas l’avoir commis ! Je ne l’ai pas cru une minute !

— Je ne le crois pas non plus, mademoiselle, dit Poirot avec douceur.

— Mais alors, pourquoi ne parle-t-il pas ? C’est incompréhensible.

— Peut-être parce qu’il protège quelqu’un, suggéra Poirot en scrutant le visage de la jeune fille.

Marthe fronça les sourcils.

— Protéger quelqu’un ? Vous voulez dire sa mère ? Ah ! Je l’ai soupçonnée depuis le début. Qui donc hérite de cette immense fortune, sinon elle ? On peut toujours prendre un air de veuve éplorée et jouer les hypocrites. On dit aussi que quand Jack a été arrêté, elle est tombée raide, comme ça ! (Elle fit un geste grandiloquent.) Et c’est sans doute le secrétaire, M. Stonor, qui l’a aidée. Ils s’entendent comme larrons en foire, ces deux-là. Elle est bien plus vieille que lui, mais les hommes s’en moquent, quand une femme a de l’argent !

Je remarquai la pointe d’amertume dans sa voix.

— Stonor était en Angleterre, glissai-je.

— C’est ce qu’il dit. Mais qu’en sait-on ?

— Mademoiselle, dit calmement Poirot, si nous devons travailler ensemble, il faut que les choses soient claires entre nous. Laissez-moi d’abord vous poser une question.

— Oui, monsieur.

— Connaissez-vous le véritable nom de votre mère ?

Marthe le regarda un moment sans rien dire, puis elle se couvrit le visage et éclata en sanglots.

— Là, là, dit Poirot en lui tapotant gentiment l’épaule. Calmez-vous, mon petit. Je vois que vous le connaissez. Maintenant, encore une question : savez-vous qui était M. Renauld ?

— M. Renauld ?

Elle releva la tête et contempla Poirot avec stupéfaction.

— Ah ! je vois que ça, vous ne le savez pas. Alors écoutez-moi bien.

Il lui exposa toute l’affaire en détail, comme il l’avait fait pour moi le jour de notre départ en Angleterre. Marthe écoutait, bouche bée. Quand il eut terminé, elle poussa un long soupir.

— Mais vous êtes formidable, merveilleux ! Vous êtes le plus grand détective du monde !

Elle glissa vivement de sa chaise et s’agenouilla devant lui avec une spontanéité bien française.

— Sauvez-le, monsieur ! s’écria-t-elle. Je l’aime tant ! Je vous en supplie, sauvez-le !

25

Un dénouement inattendu

Nous assistâmes le lendemain matin à l’interrogatoire de Jack Renauld. Si peu de temps qu’ait duré son incarcération, je fus frappé de voir le changement qu’elle avait produit sur lui. Il avait les joues creuses, les yeux profondément cernés, l’air hagard et défait d’un homme qui cherche en vain le sommeil depuis des nuits. Il ne manifesta aucune émotion en nous voyant.

— Jack Renauld, commença le juge d’instruction, niez-vous avoir été présent à Merlinville le soir du meurtre ?

Jack ne répondit pas tout de suite. Enfin, il balbutia avec une hésitation pitoyable :

— Je… Je vous ai déjà dit que j’étais à Cherbourg.

Le magistrat se détourna avec brusquerie.

— Introduisez les témoins.

La porte s’ouvrit au bout de quelques secondes, livrant passage à un homme en qui je reconnus le porteur de la gare de Merlinville.

— Vous étiez de service la nuit du 7 juin ?

— Oui, monsieur.

— Vous avez assisté à l’arrivée en gare du train de 23 h 50, n’est-ce pas ?

— Oui, monsieur.

— Regardez le prisonnier. Faisait-il partie des voyageurs qui sont descendus de ce train ?

— Oui, monsieur.

— Êtes-vous certain de ce que vous avancez ?

— Certain, monsieur. Je connais bien M. Jack Renauld.

— Et vous êtes sûr de ne pas vous tromper de date ?

— Oui, monsieur, puisque c’est précisément le lendemain matin 8 juin que nous avons entendu parler du meurtre.

Un autre employé des chemins de fer vint confirmer le témoignage du premier. Le juge d’instruction se tourna alors vers Jack Renauld :

— Ces deux hommes vous ont formellement reconnu. Qu’avez-vous à répondre ?

Jack haussa les épaules.

— Rien.

— Renauld, poursuivit le magistrat, reconnaissez-vous ceci ?

Il prit sur la table un petit objet qu’il tendit au prisonnier. Je frémis en reconnaissant le fameux coupe-papier.

— Un instant, intervint Me Grosier, l’avocat de Jack. Je demande à parler à mon client avant qu’il réponde à cette question.

Mais Jack Renauld se souciait fort peu du malheureux Grosier. Il lui fit signe de se taire et déclara d’un ton calme :

— Je le reconnais parfaitement. C’est un cadeau que j’avais fait à ma mère, un souvenir de guerre.

— À votre connaissance, existe-t-il des copies de ce poignard ?

Me Grosier voulut de nouveau intervenir ; encore une fois, Jack passa outre.

— Pas que je sache, puisqu’il a été exécuté selon mes indications.

Le juge d’instruction lui-même étouffa une exclamation devant l’impudence de cette réponse. Jack Renauld s’obstinait à courir à la catastrophe ! Je compris aussitôt qu’il lui fallait dissimuler à tout prix l’existence de l’autre poignard s’il voulait sauver Bella. Tant qu’on croirait qu’il n’existait qu’une seule arme, on ne pourrait pas soupçonner la jeune fille d’en avoir eu une autre en sa possession. Il protégeait vaillamment celle qu’il avait aimée, mais à quel prix ! Je commençai à mesurer l’ampleur de la tâche que j’avais si légèrement assignée à Poirot. Il serait difficile d’obtenir l’acquittement de Jack Renauld sans avouer la vérité pure et simple.

M. Hautet reprit la parole sur un ton mordant :

— Mme Renauld nous a dit que ce poignard se trouvait sur sa coiffeuse la nuit du drame. Mais Mme Renauld est une mère ! Cela va sans doute vous étonner, monsieur Renauld, mais il me paraît fort probable que Mme Renauld se soit trompée et que vous ayez emporté le poignard à Paris – par pure inadvertance, peut-être. Vous allez sans doute vous empresser de me contredire…

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