Les Amours du Chico

Chapitre 21BARBA-ROJA

Il se leva et s’habilla en un tour de main. Frais et dispos, ilsortit aussitôt et s’en fut droit chez un armurier où il choisitune mignonne petite épée qui avait les apparences d’un jouet, maisqui était une arme parfaite, flexible et distante, en dur acierforgé et non trempé. C’était le présent qu’il voulait faire auChico.

Son acquisition faite, il revint à l’hôtellerie. Son absencen’avait pas duré une demi-heure, et le nain, qu’il attendait,n’étant pas encore arrivé, il fit préparer un déjeuner substantielpour lui et son compagnon.

Enfin le nain parut. Sur une interrogation muette de Pardaillan,il dit :

– Barba-Roja vient de sortir du palais. Ils sont douze,parmi lesquels Centurion et Barrigon. Ils vont là-bas… je les aisuivis un moment pour être sûr.

– Tout va bien ! s’écria joyeusement Pardaillan. Tu esun adroit compère… C’est un plaisir de travailler avec toi.

Le nain rougit de plaisir.

– Tu n’es pas trop fatigué ? Tu pourras m’accompagnerlà-bas ? reprit Pardaillan avec sollicitude.

– Je ne suis pas fatigué… j’ai dormi.

– Diable !… Et s’il était sorti pendant cetemps ?

– Je dormais d’un œil… je guettais de l’autre,tiens !

Pardaillan se mit à rire. Le petit homme avait de ces manièreset de ces réponses qui l’enchantaient.

Il était à ce moment un peu plus de sept heures et demie.Pardaillan calcula qu’il avait du temps devant lui et résolut, pourtuer une heure, de donner une deuxième leçon à son petit ami.

Le nain accepta avec un empressement et une joie quitémoignaient du vif désir qu’il avait de profiter de sa bonneaubaine et d’arriver à un résultat appréciable. Mais sa joie devintdu délire et il se montra ému jusqu’aux larmes lorsqu’il vit lasuperbe petite épée que Pardaillan était allé acheter à sonintention.

Pour couper court à son émotion et à ses remerciements,Pardaillan expliqua :

– Tu comprends que tu ne peux pas t’armer comme tout lemonde. De ce fait, tu seras toujours en état d’infériorité, quelque soit l’adversaire que tu auras devant toi. Il te faut donccompenser par une habileté, une adresse et une vivacité supérieuresl’inégalité des armes. En conséquence, il te faut, dès maintenant,t’habituer à lutter avec cette petite aiguille contre ma rapière dudouble plus longue.

La leçon se prolongea le temps fixé par Pardaillan. Comme laveille, l’élève montra la même ardeur, la même application, ce qui,joint à son adresse et à sa vivacité naturelles, rendit la tâchemoins ardue et pour le maître et pour l’élève. Comme la veille, leprofesseur se déclara satisfait et assura que l’élève deviendraitun escrimeur passable. Passable, dans la bouche de Pardaillanvoulait dire redoutable.

Après la leçon, ils expédièrent rapidement le déjeuner qui lesattendait, et sans s’occuper des mines désespérées de Juana, quid’ailleurs – il faut lui rendre cette justice – ne tenta pas deretenir son petit amoureux, Pardaillan et le Chico se mirent enroute, se dirigeant vers la porte de Bib-Alzar.

*

* *

Très triste, agitée de pressentiments sinistres, la petite Juanase remit sur le pas de la porte et les suivit du regard, tantqu’elle put les apercevoir. Après quoi, elle rentra dans soncabinet et se mit à pleurer doucement. Mais c’était une fille detête que la petite Juana. Obligée par les circonstances de dirigerune maison bien achalandée à un âge où l’on n’a guère d’autre soucique se livrer à des jeux plus ou moins bruyants, elle avait apprisà prendre de promptes résolutions, suivies de mise à exécutionimmédiate. En conséquence, après avoir pleuré un moment, elleréfléchit.

Le résultat de ses réflexions fut qu’elle alla tout droittrouver un de ses domestiques nommé José, lequel José détenait lesimportantes fonctions de chef palefrenier de l’hôtellerie, et luidonna ses ordres.

Un petit quart d’heure plus tard, José sortit de l’aubergeconduisant par la bride un vigoureux cheval attelé à une petitecharrette. Dans la charrette, étendues sur des bottes de paille,bien enveloppées dans de grandes mantes noires dont les capuchonsétaient rabattus sur la figure, étaient la petite Juana et sanourrice Barbara. Et le palefrenier José, marchant d’un bon pas àcôté du cheval, prit le chemin de la porte de Bib-Alzar…

Le même chemin que venait de prendre Pardaillan.

*

* *

Le château fort de Bib-Alzar, construction massive et trapue,véritable nid de vautours, remontait à l’époque des grandes luttescontre les Maures envahisseurs.

Suivant les règles du temps, concernant l’art de lafortification, il était bâti sur une éminence. Ses tours crénelées,dressées menaçantes vers le ciel étaient dominées par la massecentrale du donjon, lequel était surmonté, au nord et au midi, dedeux échauguettes en poivrière : yeux monstrueux ouverts surl’horizon qu’ils scrutaient avec une vigilance de tous lesinstants.

Présentement, par suite de l’anéantissement complet et définitifde la domination arabe, le château fort était devenu résidenceroyale, que le souverain n’honorait pas souvent de sa présence.

Comme dans toute résidence royale, il y avait là une petitegarnison et de nombreux serviteurs. Les uns et les autressaisissaient avec empressement toutes les occasions de se rendre àla ville proche.

Ceux qui ne pouvaient s’offrir cette distraction s’efforçaientde tuer le temps en buvant et en jouant.

C’était la vie de garnison morne et ennuyeuse, sans aucun desimprévus du temps de guerre qui du moins tiennent le soldat enhaleine et font passer le temps, et il y avait beau temps que leséchauguettes n’avaient abrité le moindre veilleur.

En ce moment surtout, grâce à la présence du roi à Séville,l’ennui pesait plus que jamais sur la garnison, attendu qu’il étaitinterdit sous peine de mort de sortir du château, sous quelqueprétexte que ce fût, à moins d’un ordre formel du roi ou du grandinquisiteur.

Cette défense, bien entendu, ne concernait que les officiers etsoldats, et non les serviteurs.

La grand’route passait au pied de l’éminence que dominait lechâteau. Là, elle bifurquait et un sentier, assez large pourpermettre à la litière royale de passer, mieux aménagé et entretenuque la route même, grimpait en serpentant le long de l’éminence etaboutissait au pont-levis. C’était le seul chemin visible quipermettait d’aboutir du château à la route.

Il devait certainement y avoir d’autres voies souterraines quipermettaient de gagner la campagne, mais personne ne lesconnaissait, à part le gouverneur, et encore n’était-ce pas biensûr.

Telles étaient les explications que Chico avait données àPardaillan. Lorsqu’ils arrivèrent au pied de l’éminence, il étaitun peu plus de dix heures.

Pardaillan était donc en avance de près d’une heure sur l’heureque lui avait indiquée d’Espinosa. Mais il avait jugé plus prudentde se trouver sur les lieux un peu plus tôt, afin de les étudierd’abord, ensuite pour parer à toute éventualité.

D’un coup d’œil expert il eut tôt fait de se rendre compte de ladisposition et vit avec satisfaction que toute personne quisortirait de la forteresse devait passer forcément devant lui. Doncil était impossible qu’on emmenât la Giralda sans qu’il la vît.

Il savait que Barba-Roja ne tenterait rien contre la fiancée dedon César tant qu’elle se trouverait dans la royale demeure. Ilétait bien tranquille à ce sujet.

Il n’avait donc qu’à attendre patiemment la sortie du colosse etsi, par suite de circonstances imprévues, cette sortie nes’effectuait pas, il était résolu à aller appeler au pont-levis etpénétrer dans la place. Là, il verrait.

En attendant, il plaça le Chico en sentinelle, derrière unquartier de roche, dans un endroit assez éloigné de la ported’entrée.

Il n’avait nullement besoin de faire surveiller cet endroit,mais il tenait à ce que le petit homme qui, en tant que combattant,ne pouvait lui être d’aucune utilité, ne se trouvât pas exposéinutilement.

C’est pourquoi il le plaçait là, en lui recommandantformellement de ne pas bouger tant qu’il ne l’appellerait pas.

Après quoi, tranquille de ce côté, il vint se poster à quelquestoises du pont-levis, en se dissimulant de son mieux dans l’herbequi poussait, haute et drue, sur les côtés, bordant les fossés dela petite esplanade qui s’étendait devant l’entrée du château fort.Et il attendit.

Il commençait à se demander si quelque malencontreuxcontre-temps, en empêchant Barba-Roja de sortir, n’allait pasl’obliger à pénétrer dans la place, lorsqu’il entendit le bruit deschaînes qui se déroulaient et il vit le pont-levis s’abaisserlentement.

Il eut un sourire de satisfaction et, sans se redresser, il mitl’épée à la main.

Il n’y avait cependant pas de quoi se montrer si satisfait. Ilest même à présumer que tout autre que lui se fût, au contraire,montré plutôt inquiet et se fût prudemment tenu caché dans leshautes herbes.

En effet, c’était bien Barba-Roja tenant dans ses bras laGiralda endormie ou évanouie.

Mais le colosse était entouré d’une troupe d’hommes d’armes dontles sinistres physionomies étaient, à elles seules, un épouvantailcapable de mettre en fuite le plus résolu des chercheursd’aventures. Et en tête de la troupe, qui pouvait bien se composerd’une quinzaine de sacripants, tous gens de sac et de corde,soigneusement triés sur le volet, immédiatement derrière Barba-Rojavenaient l’ex-bachelier Centurion et son sergent Barrigon.

Pardaillan ne prêta qu’une médiocre attention à cette bande demalandrins armés de formidables rapières, sans compter la daguequ’ils avaient tous, pendue au côté droit.

Il ne vit et ne voulut voir que Barba-Roja et celle qu’il tenaitdans ses bras. Il laissa la troupe tout entière sortir de la voûteet s’engager sur la petite esplanade.

Lorsque le pont-levis, en se relevant, lui fit comprendre quetoute la bande était sortie, il se redressa doucement et, sanshâte, il alla se camper au milieu du chemin. Et d’une voix terribleà force de calme et de froide résolution, il cria, comme unofficier commandant une manœuvre :

– Halte !… On ne passe pas !

Et c’était si imprévu, si extraordinaire, si inimaginable, cetordre froid lancé par un seul homme à toute une troupe despadassins redoutables, qu’effectivement Barba-Roja crut que,derrière cet extravagant audacieux, devait se trouver une troupe aumoins égale à la sienne et qu’il s’arrêta net, immobilisant seshommes derrière lui.

Alors seulement, il reconnut Pardaillan et vit qu’il était seul,parfaitement seul, au milieu du chemin.

Il eut un sourire terrible.

Par Dieu ! la partie était belle. Ce jour-là était un jourheureux pour lui. Grâce à l’incroyable fanfaronnade de son ennemi,qui venait stupidement se jeter dans ses bras, sa vengeance seraitplus complète qu’il n’eût jamais osé l’espérer.

Par le Christ ! c’était très simple. Il allait s’emparer delui, l’emmener proprement ficelé, l’obliger à assister audéshonneur de la donzelle qu’il aimait, après quoi un coup depoignard bien appliqué le débarrasserait à tout jamais du Françaismaudit.

Tel fut le plan qui germa instantanément dans la cervelle ducolosse, et de la réussite duquel il ne douta pas un instant,attendu qu’il n’était pas possible de penser – en admettant qu’ilosât attaquer – qu’un homme seul viendrait à bout des quinzediables à quatre qu’il sentait derrière lui.

Peut-être eût-il montré moins d’assurance s’il avait pu lire cequi se passait dans l’esprit de ses diables à quatre. En effet, enexceptant Centurion et Barrigon, qui avaient mille et une bonnesraisons de lui rester fidèles, les treize autres ne paraissaientpas montrer cet entrain qui décide de la victoire… surtout quand ona pour soi le nombre.

C’est que ces treize-là avaient déjà eu affaire àPardaillan ; ces treize-là étaient ceux qui avaient été sifort malmenés dans la fameuse grotte de la maison des Cyprès.

Depuis cette lutte homérique où ils avaient été si complètementmis en déroute, ceux-là avaient pour leur vainqueur un respect quifrisait la terreur. Joignez à cela que, comme tout le monde, ilsavaient entendu conter les exploits extraordinaires de cet hommequi osait leur barrer la route, et on comprendra que leur ardeurs’était singulièrement refroidie dès l’instant où ils avaientreconnu, eux aussi, à qui ils avaient affaire.

Malheureusement pour lui, Barba-Roja ne se rendit pas compte decet état d’esprit qui pouvait faire avorter son dessein des’emparer de Pardaillan.

Il se crut sincèrement le plus fort, assuré de la victoire, etrésolût de s’amuser un peu, tel le chat qui joue avec la sourisavant de l’abattre d’un coup de griffe. Il mit tout ce qu’il putmettre d’ironie et de mépris dans sa voix pour s’écrier :

– Ça, que veut ce truand ?… Si c’est une bourse qu’ilcherche, qu’il prenne garde de trouver les étrivières… en attendantune bonne corde.

– Fi donc ! répliqua la voix très calme de Pardaillan.Votre bourse, mon petit Barba-Roja, si je l’avais voulue, jel’aurais prise ce jour où je dus, pour sauver votre carcasse,mettre à mal une pauvre bête, assurément moins brute que vous.

Barba-Roja avait espéré s’amuser aux dépens de Pardaillan. Ilaurait dû cependant se souvenir de la scène de l’antichambre royaleet savoir qu’à ce jeu-là, comme aux autres, il n’était pas de forceà se mesurer avec lui.

Du premier coup, il perdit son sang-froid. En entendantPardaillan lui rappeler que, somme toute, il lui avait sauvé lavie, il étrangla de honte et de fureur. Il ne chercha plus àrailler et à s’amuser, et il grinça :

– Misérable mécréant ! c’est bien pour cela que mahaine pour toi s’est encore accrue… ce que je n’aurais pas crupossible…

– Parbleu ! dit froidement Pardaillan, le contrairem’aurait étonné !

Et de sa voix mordante, il continua :

– Quant aux étrivières, on les applique aux petits garçonsmalappris tels que vous. Je ne sais ce qui me retient de vous lesappliquer séance tenante… ne fût-ce que pour voir si vous sauteztoujours aussi bien… Vous souvenez-vous, mon petit ?

Rien ne saurait traduire l’accent avec lequel Pardaillanprononçait ces mots : mon petit et petit garçon. Barba-Rojaécumait. Il acheva de perdre la tête et, sans trop savoir ce qu’ildisait, cria :

– Ça, que veux-tu ?

– Moi ? fit Pardaillan de son air le plus naïf. Jeveux simplement te débarrasser du fardeau de cette jeune fille… Tuvois bien qu’elle est trop lourde pour tes faibles bras… Tu vas lalaisser choir, mon petit.

– Place ! par le Christ ! hurla le colosse.

– On ne passe pas, répéta Pardaillan en lui présentant lapointe de sa rapière.

À ce moment-là, il n’avait qu’une crainte : c’est que lecolosse ne s’obstinât à garder la jeune fille dans ses bras, ce quil’eût fort embarrassé.

Heureusement, l’intelligence du colosse était loin d’égaler saforce. Exaspéré par les paroles de Pardaillan, il posa rudement lajeune fille à terre et se rua tête baissée, l’épée haute.

En même temps que lui, Centurion, Barrigon et les autresattaquèrent. Pardaillan eut devant lui un cercle d’acier quicherchait de toutes parts à l’atteindre. Il dédaigna de s’enoccuper.

Il porta toute son attention sur Barba-Roja, pensant, non sansraison, que le chef atteint, les autres ne compteraient plus. Etd’un coup droit, foudroyant, presque au jugé, il se fendit àfond.

Barba-Roja, traversé de part en part, leva les bras, laissatomber son épée et se renversa comme une masse en rendant des flotsde sang.

Un instant, il talonna le sol à coups furieux, puis, il se tintimmobile : il était mort.

Alors Pardaillan se tourna vers Centurion. Il sentait quecelui-là, comme Barba-Roja, agissait pour son compte personnel.Celui-là avait aussi une haine à satisfaire.

Ce ne fut pas long. D’un coup de pointe, il atteignit Centurionà l’épaule, d’un coup de revers il enleva une partie de la joue deBarrigon, qui le serrait de trop près.

Il y eut un double hurlement suivi d’une double chute, etPardaillan n’eut plus devant lui que les treize, lesquels, sebattant uniquement pour gagner honnêtement l’argent qu’on leurdonnait, étaient loin de montrer la même ardeur que les trois chefsqui venaient d’être mis hors de combat.

D’ailleurs, nous avons expliqué que ceux-là étaient battusd’avance, démoralisés qu’ils étaient de se trouver aux prises avecun adversaire qu’ils n’étaient pas éloignés de prendre pour lediable en personne.

– À qui le tour ? lança Pardaillan d’une voixtonnante. Qui veut tâter de « Giboulée » ?

Et aussitôt deux hurlements attestèrent que deux hommes avaienttâté de Giboulée.

Les treize, en effet, avaient eu cette suprême pudeur de tenterpour la forme – une illusoire résistance. Lorsqu’ils entendirent ledouble hurlement de douleur de deux des leurs, ils étaient déjàprêts à lâcher pied.

Pour comble de malchance, voici qu’à cet instant précis, desglapissements aigus se firent entendre sur leur flanc. Et quelquechose, ils ne savaient quoi, un étrange petit animal, quelque petitdémon, suppôt de ce grand diable, sans doute, qui n’arrêtait pas depousser des cris perçants qui leur déchiraient les oreilles, seglissa entre leurs jambes et, partout où cette fantastique etinsaisissable petite bête se faufilait ainsi, un combattant atteintsoit au mollet, à la cuisse ou au ventre, jamais plus haut,poussait un hurlement où la terreur superstitieuse tenait autant deplace que la douleur réelle, et, sans demander son reste, leblessé, réunissant toutes ses forces, se hâtait de tirer au large,se défilant de son mieux le long des bas-côtés du sentier.

En moins de temps qu’il n’en faut pour le décrire, la place setrouva déblayée.

Sur le champ de bataille, il ne restait que le cadavre deBarba-Roja et les corps évanouis, ou morts de Barrigon et deCenturion, tombés non loin de la Giralda.

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