VI.
Le baron se tint parole à moitié, car…
Car à trente lieues de Paris, comme on relayait, un gentilhommede fort bonne tournure arrive derrière le baron, après avoiraccompli, sans nul doute, de semblables prouesses de célérité, etlui dit gravement :
– Je me nomme, monsieur, le chevalier de Courceneuille, etje suis, depuis hier, l’amant de la duchesse d’A…
– Ah ! fit le baron en reculant d’un pas.
– Il paraît, monsieur, que vous avez gravement insulté laduchesse, car elle m’envoie vous provoquer…
– J’accepte le défi, monsieur, répondit le baron en mettantsur l’heure flamberge au vent.
Le baron avait maintes fois fait des armes avec le régent, quis’y connaissait, mais cela n’empêcha point qu’il reçût un bon coupd’épée qui le mit au lit pour huit jours, dans l’auberge misérableoù relayait sa chaise de poste.
Ce qui fit qu’il ne put rattraper sa femme.
