XXV
Le pays était désert aux environs du campementde Dialamban ; de grands marais d’eaux mortes qui n’enfinissaient plus, ou bien de plaines de sable aride, où croissaientdes mimosas rabougris.
Jean y faisait de longues promenadessolitaires, avec son fusil sur l’épaule, – chassant ou rêvant, –toujours ses vagues rêveries de montagnard.
Il aimait aussi à remonter en pirogue lesberges du fleuve aux eaux jaunes, ou à s’enfoncer dans le dédaledes marigots sénégalais.
Des marais à perte de vue, où dormaient deseaux chaudes et tranquilles ; des rives où le sol traîtreétait inaccessible au pied humain.
Des aigrettes blanches s’y promenaientgravement au milieu de la verdure monotone des humidespalétuviers ; – de gros lézards-souffleurs y rampaient sur lavase ; – de gigantesques nénuphars, des lotus blancs ou rosess’y épanouissaient au soleil tropical, pour le plus grand plaisirdes yeux des caïmans et des aigles-pêcheurs.
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Jean Peyral commençait presque à aimer cepays.
