XVII
Si je pouvais dormir ! Mais non, mon litest plus dur que la pierre d’un tombeau. Je ne puis trouver uneposition qui me plaise. Les plis de mon drap me semblent les doigtsde ces hommes qui cherchent à m’étreindre… leurs cris bourdonnentdans mon oreille. Hou ! Hou ! c’est un bruissement sansfin, comme les vagues d’une mer qui battrait le pied de ma maison…Et leurs pas ! Oui, je les entends encore… Ce ne sont plus lespas de trois hommes, mais de centaines d’hommes, et tout celapiétine dans mon cerveau…
Non ! non ! est-ce bien là ce quej’entends ? Puis-je donc entendre autre chose ?Allons ! dormons ! La vague bat toujours ma maison…
Mais non ! par le ciel ! ce n’estpas un rêve ! Non, je ne… Au feu ! au feu !Fire ! fire !
Et les pas des firemen courant dansBroadway et les roues des pompes à vapeur qui broient le pavé, etles cris des hommes qui s’appellent et s’excitent.
Cette fièvre répond à ma fièvre ! Quem’importe après tout, le feu ? On brûle tous les jours ici.Pourquoi ce cri : Fire !va-t-il droit à moncerveau comme une pointe ?
Si… mais ce n’est pas possible. Etpourtant ! je n’y puis tenir. Allons ! je ne dormirai pascette nuit. Je voudrais rester calme que je ne le pourrais pas. Jesuis descendu. J’accoste un passant. « Où l’incendie ? –À Black-Castle. » – À Black-Castle !sur mon âme,j’ai bien entendu…
Et je m’élance vers le château noir !
