XXXI
« J’ai trouvé le moyen, reste à préparerl’exécution. J’ai bien raisonné. Du reste, l’expiation ne sera pasau-dessous du crime. Elle sera complète, odieuse, effroyable.Oh ! je n’ai rien négligé, il souffrira autant qu’il m’a faitsouffrir… il mourra… mais comme je comprends que meure l’ennemi. Ilse verra, il se sentira mourir longuement. Ce ne sera pas unpassage brusque de la plénitude de l’existence à l’inanité dunéant, du jour splendide à la nuit muette.
« Il mourra… Mais j’y songe, sadisparition n’étonnera-t-elle pas ses amis, tous ceux quis’intéressent à lui ?… j’ai dit sa disparition et je mecomprends. Il faut que je les prépare peu à peu à cette pensée, ilfaut que lui-même me serve d’interprète auprès d’eux…
« Comment agir ? N’oublions pas cedétail, un jour on le verra plein de vie, plein de santé, souriant…vivant pour tout dire, puis tout à coup, il sera sous lesyeux de tous à l’état de cadavre, immobile, insensible. La mortsubite étonne toujours, il ne faut pas qu’elle étonne…
« Ah ! j’ai trouvé.
