XXXIV
« Est-ce que j’hésiterais au momentsuprême ? Mes nerfs seraient-ils moins forts que mavolonté ? Non, cela n’est pas possible ! Et cependant,si, pour assouvir ma haine, je le tuais simplement, par ce poisonqui est là sous ma main… ; que j’ajoute à la matière vénéneuseplus ou moins d’eau, et le problème est résolu. Peu d’eau, et ilmeurt… il tombe foudroyé. Beaucoup d’eau… et je le tiens sous mamain de tortionnaire, il est à moi âme et corps… nul ne peut mel’arracher…
« J’ai besoin de me recueillir. Lebourreau passe en prières la nuit qui précède l’exécution… Je neprie pas, moi, mais j’érige un autel sur lequel, idole effroyable,je place mes souvenirs et ma haine, et dans cette contemplationj’abîme toutes les facultés de mon âme…
« Allons !
